dimanche 21 novembre 2010

Quand le placement de produit va trop loin

Vous le savez, l'important n'est pas de cacher le placement de produits mais d'en cacher son intention commerciale en l'introduisant de la manière la plus naturelle possible.

Le célèbre soap opera américain Des jours et des vies semble avoir oublié la nuance. Vous avez ici l'exemple de tout ce qu'il ne faut pas faire !

La polémique a fait grand bruit cette semaine et a été amplifiée par de nombreux sites américains (CNN, The Hollywood Reporter, Fox News, Brandchannel...). En cause, le célèbre soap opera "Days of our lives". Plus connu en France sous le titre Des jours et des vies, le feuilleton est diffusé depuis 1991 chaque matin sur France 2 et depuis 1965 outre-Atlantique !

Dans l'un des épisodes, Melanie (Molly Burnett) vante les bienfaits des céréales Cheerios.







L'extrait est surréaliste. Durant près de 20 secondes, les téléspectateurs ont dû croire avoir raté le début de la pub. Tout simplement car ce placement de produit s'apparente à un spot de publicité en bonne et due forme. Melanie (Molly Burnett) explique notamment à Nathan (Mark Hapka): "Ce n'est pas seulement pour le petit-déjeuner (...), ce sont des céréales complètes avec seulement un gramme de sucre, ce qui est parfait pour que je rentre dans mon maillot de bain cet été."


Dans le deuxième extrait, on peut voir Caroline (Peggy McCay) en train de réconforter Sami avec la marque chinoise de surgelés "Wanchai Ferry".





Au cas où le téléspectateur aurait manqué la "subtilité", l'actrice raconte: "J'en ai préparé pour les enfants un peu plus tôt et ils n'en avaient jamais assez." Encore plus incroyable, à croire que la production manque vraiment d'argent, Caroline en rajoute une couche en précisant très naturellement: "Et c'est un repas complet, parce qu'on peut en manger avec du riz."

Du coup, on n'est plus étonné de voir un pique-nique romantique se transformer en une séance de téléshopping encore une fois toute en subtilité. Appréciez vous-même...




Espérons que ce dérapage, largement critiqué dans les médias américains, restera une exception. Si ce n'est pas le cas, les téléspectateurs US auront bientôt bien du mal à savoir s'ils sont tombés sur une pub ou sur une série en allumant leur poste de télévision...


lundi 1 novembre 2010

Product Place Me


Un tout nouveau site vient de débarquer dans l’univers du placement de produits!
Son objectif est clair : rendre le placement de produits plus simple.

Product Place Me souhaite faciliter la mise en relation entre les producteurs de contenus et les entreprises cherchant à placer leurs produits ou leur marque.

Pour cela, pas besoin d’algorithme ultra compliqué, il suffit de s’inscrire au site en précisant son activité : producteur ou annonceur. Et le tout, gratuitement.

Dès les premières explications sur le site, le ton est donné. Priorité au scénario. C’est pourquoi le site ne veut que des scénarios terminés avec des possibilités de placements et non des placements organisés autour d’un scénario pour alibi.

PPM se propose donc de récolter et compiler les propositions des producteurs de contenus et de les envoyer par mail aux marques inscrites sur le site.

Selon sa page Facebook, le site est très ouvert en ce qui concerne les productions : films à gros budgets; séries télé, web séries, et même spots de pub.

Bref, ce service a l’air très attractif et nous ne manquerons pas de vous tenir informés des réalisations de PPM !

Pour aller visiter ce nouveau site c’est ici et pour suivre son activité sur les réseaux sociaux c’est ici ou encore là.


mercredi 22 septembre 2010

Le "Product Displacement" et "Reverse Product Placement" viennent réinventer le genre

Il est temps que l’on se penche sur un phénomène que nous n’avons pas encore eu l’occasion d’aborder dans ce blog et qui pourtant prend de l'ampleur sur les écrans. Je parle ici du product displacement ou du reverse product placement.

De quoi s’agit-il ?

Le product displacement consiste en l’imitation d’une marque, existant dans la réalité, par un produit « looks like » ou « sounds like » ; l’idée étant bien sûr que la marque intégrée dans la fiction soit facilement identifiable pour les téléspectateurs. Vous n’y avez peut-être jamais fait attention, mais le résultat est plutôt convaincant.
Gladys Santiago, qui tient le blog Product Displacement, en a répertorié un certain nombre, majoritairement extrait de la série culte Les Simpsons.














A l’inverse, pour le reverse product placement, le produit n’existe pas dans la réalité. En revanche, il reçoit un engouement tellement fort que les industriels s’en emparent pour soulager la frustration des consommateurs.

Rappelez-vous la compagnie de crevettes Bubba Gump de Forrest Gump ou les Bertie Bott’s Beans issus des aventures de Harry Potter.







Finalement, quel est l’intérêt de recourir à ces méthodes plutôt qu’au placement de produit classique ?

Il semblerait que ces marques de fiction soient plus efficaces d’un point de vue marketing que les marques qu’elles imitent et qui recourent au product placement classique. Evidemment, cela ne fonctionne qu’avec des marques jouissant d’une forte notoriété dont le logo, le code couleur ou le nom sont immédiatement identifiables.

Le procédé fait également appel à l’imagination du téléspectateur. De quelle façon? Au lieu de se sentir agressé par un énième message publicitaire lorsqu’il se prélasse devant sa série, le consommateur lambda fera la démarche de reconnaître et identifier la marque imitée ; il se sentira valorisé et intelligent.

Scott Barnett, ancien président de Bubba Gump affirmait « nous avons appris par le biais d’études de marché que le passage du film au restaurant était logique dans l’esprit du téléspectateur ». Et d’ajouter « cela nous a donné un avantage grâce à l’immédiate identification de la marque. D’un autre côté, si vous ne délivrez pas la qualité attendue, la marque n’a pas beaucoup de chance de perdurer ».

Revenons en France. Le groupe Justice a fait l’expérience du reverse product placement en 2007. Dans son clip D.A.N.C.E, les T-shirts que l’on voit à l’écran n’existaient pas dans la réalité et n’étaient donc pas commercialisés. Mais ces T-shirts ont créée une telle demande que les producteurs ont fini par créer une édition limitée, disponible chez Colette.





Ces exemples témoignent une fois de plus de la force du placement de produit, ou de ses dérivés, dans les fictions ou autres clips musicaux. Attention tout de même aux effets pervers ; certaines marques ont fait une mauvais expérience de product displacement et ont été utilisées dans des situations nuisant à leur image et à leur réputation.


Source: Ruth Mortimer, Brand & Business Blog


mercredi 15 septembre 2010

Le tie-in: une marque, un film

Alors que le placement de produit montre encore des signes de timidité dans les productions cinématographiques françaises, les Etats-Unis ouvrent une nouvelle fois la voie avec le dernier film de Galt Niederhoffer, The Romantics.



Sorti le 10 septembre dans les salles outre atlantique, le film au casting de rêve (Katie Holmes, Josh Duhamel, Adam Brody, Anna Paquin) nous transporte dans un drame romantique, quand l’amour, l’amitié et la rivalité font basculer le destin des personnages.

La marque de vêtements J. Crew réalise ici un coup de maître en habillant tous les personnages du film, designant notamment une robe de mariée. Mais J. Crew va plus loin que ça et se sert de la promotion du film pour faire sa propre communication, comme le montre sa dernière campagne de pub.





Habilement intégrés dans le scénario, les costumes et les formalwear de la marque, souvent délaissés par les jeunes, réunissent désormais tous les ingrédients pour séduire cette cible.

Galt Niederhoffer explique « L’histoire parle d’un groupe de jeunes d’une vingtaine d’années, juste avant qu’ils ne deviennent réellement « adultes »; les vêtements constituent une grande part de leur identité. »

The Romantics offre un formidable exemple de communication tie-in, ou comment une marque et un film peuvent servir des intérêts communs.



Source: The Romantics features product placement from J. Crew


jeudi 12 août 2010

Direct 8 épinglé par le CSA

L’affaire, relayée par un grand nombre de sites internet, a fait grand bruit dans le paysage audiovisuel français. La chaîne Direct 8 vient de se faire épingler par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel pour avoir utilisé le placement de produit de manière injustifiée.

Au cœur de la tourmente, une fiction intitulée « Ma Super Croisière ». Diffusée du 19 au 30 avril 2010, cette série de 8 épisodes mettant en scène plusieurs animateurs au côté de personnalités telles que Valérie Bègue, Jacques Séguéla ou Cyril Hanouna a pris ses quartiers à bord du MSC Poesia de la compagnie MSC Croisière.



Dans sa décision, le CSA explique que « “Ma Super Croisière” “met en avant de manière totalement injustifiée les marques et services de la société organisatrice et de l’agence”. Et d’énumérer: “le titre de l’émission reprend le logo, les initiales et la typographie de la marque de la société concernée ; l’essentiel des scènes a lieu sur le paquebot de la société, dont les nombreux plans de coupe montrent régulièrement les atouts, le nom, la marque ainsi que les prestations qu’il met à la disposition des passagers ; chaque escale fait l’objet d’une mise en valeur appuyée, faisant la publicité du circuit réalisé par cette croisière en Méditerranée ; la série fait également la publicité de l’agence, en montrant régulièrement son logo lors de chaque épisode, mais aussi en valorisant la créativité de son vice-président, l’efficacité et la rapidité de la campagne produite”.

“Compte tenu de tous ces éléments, ce programme constitue une publicité clandestine prohibée par l’article 9 du décret n° 92-280 du 27 mars 1992 modifié relatif à la publicité, au parrainage et au téléachat”, conclut le communiqué.
Et toc!


mardi 13 juillet 2010

Quand les marques se mettent au football

Alors que la Coupe du Monde vient de se conclure par une victoire de l'Espagne, il semblerait que l'équipe d'Iker Casillas ne soit pas la seule gagnante.

Les marques se sont largement invitées sur les terrains tout au long du Mondial, profitant des caméras du monde entier pour faire leur publicité.

Zoom sur la France... Louis Vuitton a réalisé l'un des placements de produits les plus remarquables de l'histoire du sport. Le trophée de la FIFA a été présenté par Fabio Cannavaro sur le terrain dans un monogramme Louis Vuitton Voyage.




Cet exemplaire unique, entièrement réalisé à la main, a été fabriqué dans les ateliers d'Asnières.

Rappelons-nous que le match a été regardé par plus de 24 millions de téléspectateurs en France. Ce chiffre laisse imaginer les quelques autres millions de personnes qui auront reconnu la célèbre griffe française...

Rien à dire, joli coup de pub!


La marque de téléphone finnoise, Nokia, n'est pas en reste et a marqué les esprits grâce au décolleté du top Larissa Riquelme.



Selon certaines informations, le fabriquant aurait demandé au top paraguyen de mettre le téléphone dans son décolleté, ce qui n'a pas manqué d'attirer l'attention des téléspectateurs. A noter qu'elle avait également un logo Axe peint sur son sein gauche pendant le matach Espagne-Paraguay.

Aucune information ne peut cependant confirmer qu'il s'agissait bien d'un placement de produit rémunéré. Mais entre nous, je serais bien étonnée de la gratuité de ce geste...


Source: www.productplacement.biz

vendredi 2 juillet 2010

Plus beau le produit

La récente délibération du CSA autorisant le placement de produit dans les fictions télévisées fait des émules et suscite de nouvelles vocations. L’objet de toutes les convoitises ? Le feuilleton à succès Plus Belle la Vie suivi par près de 4,5 millions de téléspectateurs chaque jour.

Le Figaro annonce ce jour que Clear Channel compte bien profiter de cette manne publicitaire en proposant d’incruster dans les épisodes de la série des panneaux d’affichage virtuels. Habillés aux couleurs de l’annonceur, ils seront installés au cœur de la fiction.

Un aperçu de ce que cela pourrait donner...




Le groupe vient de conclure, avec la bénédiction du CSA, un accord avec la maison de production Teflfrance et France Télévisions.

«Nous avons entamé des discussions avec l'ensemble des producteurs et diffuseurs français, afin d'implanter nos panneaux dans une large palette de fictions télévisées. Nous pourrons ensuite les combiner en fonction des profils d'audience et de la pression que recherchent les annonceurs. Ce n'est pas un coup, mais bien un deuxième réseau que nous sommes en train de mettre en place. Au lieu de nous acheter de l'implantation physique dans les rues, les marques s'offriront du temps d'exposition dans les programmes», explique Philippe Baudillon, président de Clear Channel France et ancien directeur général de France 2.

Le principe ? Une insertion publicitaire prévue toutes les 26 minutes. «Nos tarifs sont calculés d'abord sur la taille du panneau visible à l'écran, puis sur la base de l'horaire de diffusion et sur le prix moyen du spot sur la chaîne concernée», détaille Philippe Baudillon, qui affirme «n'attendre aucune forme de mise en valeur des panneaux par le scénario».

Enfin, Philippe Baudillon voit «pour les annonceurs, l'occasion d'être présents en télévision à des horaires où la publicité est désormais supprimée sur les chaînes publiques et, pour le cinéma, la possibilité de promouvoir des campagnes interdites sur les chaînes hertziennes».

Les panneaux étant incrustés en postproduction, pourquoi ne pas imaginer des affiches L'Oréal Paris dans Desperate Housewives ou Peugeot dans Les Experts ? Clear Channel y songe. «C'est l'horizon qui s'offre à nous, même si les questions de droit sont très complexes à résoudre», relève Philippe Baudillon. Le virtuel fait sauter les frontières du réel.